Il y a six ans, en prenant les rênes de l’entreprise familiale, les sœurs jumelles Mélanie et Laurie Boivin voulaient mener Le Subtil «à un autre niveau». Au terme de cette période de transition, elles peuvent dire mission accomplie.
«En cinq ans, on a doublé notre chiffre d’affaires, avec seulement une succursale de plus», se félicite Mélanie Boivin, copropriétaire du Groupe Le Subtil.
Pour y arriver, elles ont restructuré l’entreprise, créé un groupe dirigeant, élargi l’offre alimentaire et revu l’image de marque.
Densifier le territoire
Amorçant leur trentaine avec «plus d’assurance et d’expérience», les deux sœurs entrepreneures ont aujourd’hui un nouvel objectif: celui d’ouvrir dix succursales en dix ans.
«Il y a encore de la place pour notre concept à Québec. On veut revenir dans le centre de la ville», glisse Mélanie, sans vouloir en dévoiler davantage. Limoilou, La Cité universitaire, Saint-Roch et Lévis seraient dans leur mire.
En mars dernier, elles ont entamé cette nouvelle étape de croissance en ouvrant un restaurant à Beauport, le quatrième de la chaîne.
Affichant un décor redessiné, une nouvelle image de marque et un menu élargi, il donnait le ton pour la suite. «C’est ce modèle qu’on va reproduire un peu partout dans la ville et dans les alentours», poursuit Laurie.
Le resto-café Le Subtil de Beauport est situé au 720, rue d’Everell (suite 130). (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)
Pour mener cette nouvelle étape de croissance, une troisième associée se joint au Groupe Le Subtil, pour prendre la direction des ressources humaines. Elle prendra aussi le relais de Laurie, qui profitera sous peu d’un congé de maternité.
«La famille, ç’a toujours été au cœur de notre entreprise, depuis près de 40 ans. On grandit en même temps que l’entreprise.»
Le «timing» est bon pour prendre de l’expansion. D’un côté, la tendance de la sandwhicherie semble être dans l’air du temps. «Les clients veulent des options fast-food plus saines et c’est ce qu’on offre. On fait tout maison, dans notre cuisine de production, même nos sauces», explique Mélanie.
De l’autre, les repreneures ont pris confiance en leur modèle d’affaires et sont maintenant prêtes à peser sur l’accélérateur.
«Nos parents sont aujourd’hui des actionnaires silencieux, mais ils ont été des mentors très précieux durant cette période de transition. Ils nous ont évité de faire des erreurs tout en nous laissant du lousse», renchérit sa sœur, rappelant «les gros moves» qu’elles ont faits à leur arrivée, dont l’acquisition d’une nouvelle cuisine centrale en pleine pandémie de Covid-19.
Franchiser ou non?
À l’aube d’ajouter de nouvelles adresses, elles sont aujourd’hui à la croisée des chemins. Doivent-elles franchiser les futures succursales ou diriger par le biais du groupe, se questionnent-elles. Toutes les options sont sur la table.
Prudentes, elles ne veulent pas brûler les étapes. «Notre plan n’est pas d’ouvrir le plus de restos possibles, mais d’avoir une croissance durable», intervient Laurie. N’empêche, pour y arriver, elles devront également investir et agrandir la cuisine de production située à Saint-Augustin-de-Desmaures, qui peine déjà à répondre à la demande croissante. «Une chose à la fois!» lancent-elles.
Près de 40 ans
L’entreprise familiale a été fondée par le paternel André et l’oncle Paul. Un premier comptoir avait vu le jour sur la rue du Campanile en 1986.
Présentes dans l’entreprise depuis 2017 (et même avant en lavant les cabarets dès leur jeune âge!), les sœurs Boivin souhaitent faire grandir l’entreprise familiale.
«Récemment, on a eu des offres d’achat, qu’on a refusées, affirme Mélanie. On cherche des partenariats, mais on n’est pas à vendre!»
Encourager la relève
Invitées par la Jeune chambre de commerce de Québec à raconter leur parcours, les sœurs Mélanie et Laurie Boivin aimeraient que d’autres jeunes entrepreneurs optent pour le repreneuriat.
«Le repreneuriat, ça permet de développer notre fibre entrepreneuriale sans partir de zéro, avance Mélanie. Oui, il y a des défis, mais dans le contexte actuel, c’est plus facile de financer un projet de repreneuriat. Et, avec le changement de générations, il y a actuellement de belles opportunités à saisir!»
Durant leur parcours, elles ont été accompagnées par une psychologue pour entrepreneurs, une intermédiaire précieuse qui leur a permis de séparer les affaires de la famille. «Pour nous, ç’a fait toute la différence!»
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